via Djoh en Inde

Je vous le dit tout de suite, je n’aime pas trop les grandes villes en Inde : pollution, pauvreté, traffic monstrueux… bref, des villes où le travail est là, mais où la vie n’est pas forcément passionnante. Mais parce que ces villes marquent quand même l’Inde, je ne pouvais pas passer à côté. Arrivé à Chennai (depuis 1997, Madras a changé de nom, symbole d’un retour aux sources, avec son nom indien), la première impression que je me fais : c’est propre !

Rickshaws

L’aéroport est moderne, les rues sont propres et sans trop de détritus et les routes sont bien entretenues. Bref, comparé à Calcutta, Chennai m’a fait une bonne première impression. Notre hôtel est dans le quartier musulman, près de la mosquée, et les appels à la prière (Adhan) donnent un côté décalé dans ce pays à majorité hindoue.

Le lendemain, la visite de la ville s’impose : direction Marina Beach, qui donne sur le Golfe du Bengale. On y découvre le MGR Memorial, un monument impressionnant dédié à un acteur célèbre, qui fut également ministre de l’Etat du Tamil Nadu.

MGR Memorial

Ensuite, direction le Fort Saint Georges, » Lire la suite…

nandan-nilekani-ted

Je ne sais pas si vous connaissez TED (Technology, Entertainment, Design), un événement sur invitation où se retrouvent les plus grands penseurs du monde pour présenter leurs idées. Comme cet événement est bien sûr filmé, vous pouvez retrouver toutes les vidéos sur le site TED.

Si je vous parle de ce site aujourd’hui, c’est qu’hier je suis tombé sur une présentation de Nandan Nilekani, CEO d’Infosys, une des plus grandes sociétés indiennes de conseil en IT. En plus d’être CEO de sa société, Nandan Nilekani a également écrit un livre Imagining India: The Idea of a Renewed Nation, dans lequel il pose quelques questions fondamentales sur le développement de l’Inde.

Comment l’Inde, qui a vécu tant de troubles durant les dernières décennies, a réussi à tirer avantage de sa démographie ? Comment la démocratie et l’éduction sont mis en valeur dans ce pays ? Et surtout, comment l’Inde va-t-elle protéger l’environnement pour les nouvelles générations en dépit d’une croissance forte depuis quelques années ?

Nandan Nilekani est donc quelqu’un qui réfléchit sur l’Inde, et qui est un “grand pédagogue” selon Thomas Friedman.

Dans cette présentation de TED, il parle d’idées (ideas) qui vont déterminer si oui ou non l’Inde continuera dans sa croissance folle.

Parmi ces idées, il y a quatres branches :

  • les idées qui ont déjà été adoptées
  • les idées en cours d’adoption
  • les idées en conflit
  • les idées qu’il faut anticiper. Ce point est très important pour éviter de refaire les mêmes erreurs que les pays développés.

Je ne vous en dit pas plus, mais cette vidéo est très claire et didactique, et elle a le mérite de me confronter avec l’anglais à la sauce indienne (même si on comprend très bien Nandan Nilekani dans la vidéo).

Eric Lafforgue est un photographe que j’apprécie énormément. J’ai découvert ses travaux depuis plus d’un an et, quelle coïncidence, il a passé quelques semaines entre février et mars 2008 en Inde (Madurai, Cochin, Bengalore, Kerala, Trichy, Chettinad… et le Sud de l’Inde) pour nous ramener ces belles photos.

Je vous invite à aller voir le reste de ses photos sur sa galerie Flickr, et à découvrir l’article que j’ai écrit sur le site Phototrend.

bus

Avant d’aller plus loin sur ce blog, j’ai envie de répondre à une question que l’on me pose très souvent : “Pourquoi l’Inde ?”.

Oui, c’est vrai, il y a beaucoup d’autres destinations pour faire un semestre à l’étranger, parmi lesquelles les Etats-Unis, le Canada, l’Espagne, le Mexique … autant dire pas mal d’autres pays sur d’autres continents.

Mais ça ne me disait rien, je ne sais pas trop pourquoi, je n’étais pas tenté par ces destinations. J’ai beau avoir choisi Tucson (Arizona) parmi mes choix, il s’est avéré que l’université ne prenait pas d’étudiants de mon école cette année. C’est peut-être pas plus mal pour moi.

Bon, revenons-en à nos moutons (ou vaches sacrées, si on va jusqu’au bout dans le délire…) : Pourquoi l’Inde ?

Dans la peau d’un intouchable

La première chose qui m’a fait découvrir l’Inde, c’est un livre : Dans la peau d’un Intouchable, de Marc Boulet, journaliste qui s’est fait passer pour un Intouchable en Inde afin de documenter son livre. Pour faire court, en Inde il existait (et existe sûrement encore à quelques endroits malgré l’interdiction par l’Etat) un système de castes qui organisait la vie sociale des Indiens. Une hiérarchie sociale héréditaire qui exclut toute possibilité d’ascension sociale. Et parmi ces castes (les Brâhmanes, les Kshatriya, les Vaishya, les Sudra et les Intouchables (ou Dalits)), les Intouchables représentent la caste des parias, ou la non-caste. D’ailleurs, pour comprendre leur position dans la société, il faut savoir que la simple vue ou le contact avec l’ombre d’un Intouchable était source d’impureté pour un Brahmane et cela pouvait se terminer par la mise à mort de l’Intouchable.

intouchable

Ce livre nous plonge donc dans la vie d’un Intouchable qui doit lutter chaque jour pour survivre. Un récit émouvant qui a fait voyager mon esprit et m’a expliqué un peu mieux le système des castes en Inde, autrement que lorsqu’on l’apprend à l’école. C’était donc mon premier contact avec l’Inde qui m’a donné envie d’en découvrir plus.

Une envie d’évasion

Entre temps, les années sont passées, je suis rentré en école de commerce et je n’ai pas énormement repensé à ce pays, surtout que je n’ai pas énormement voyagé depuis. Et c’est justement ce manque de voyage qui me dit que je dois bouger, vite, partir découvrir un pays qui se trouve à l’autre bout du monde, géographiquement et culturellement parlant. Et là, l’Inde a ressurgi, comme perdu dans un vieux tiroir que l’on ouvre après de longues années.

Une inspiration photographique

En prime, je commence à vraiment m’intéresser à la photographie et je pense que ce pays riche en contraste pourra me permettre de réaliser de magnifiques clichés. C’est à voir dans les mois à venir.

Apprendre à se connaître

Réaliser un semestre à l’étranger c’est également apprendre à se connaître. Je me connais très bien dans un pays comme la France ou autre pays européen, et j’ai envie de me connaître dans un autre environnement, une autre situation. Presque toutes les personnes que je connais et qui sont partis en Inde me disent qu’elles n’en sont pas revenues indemnes. Soit elles ont apprécié leur séjour, soit elles ont détesté et ne souhaitent plus remettre les pieds dans ce pays. Et c’est tant mieux que cela ne laisse pas indifférent, car le plus important c’est qu’il faille sentir les choses, en bon ou en mal. Cette idée de voyage initiatique, pour plusieurs raisons évidentes surtout en Inde, me plaît beaucoup, alors je fonce, la tête dans le guidon, pour ne pas regretter. L’expression familière “mieux vaut avoir des remords que des regrets” prend tout son sens ici.

Voilà donc les quelques raisons qui vont que j’ai choisi de partir en Inde. Si parmi vous il y a des gens qui ont fait ce genre de voyage, je suis prêt à écouter les motivations et les raisons qui vous ont poussées à partir dans tel ou tel pays.