J'ai un bonnet rouge

Aujourd’hui, c’est Noël, meme en Inde. Pour mon dernier jour à Calcutta, je décide donc de me promener dans les rues de la ville, et l’envie me prend de prendre un bateau à l’embarcadère pour traverser le fleuve Hooghly et me rendre à la gare Howrah, la plus grande gare d’Asie (rien que ça).

Goats in Maidan

Sur la route, je rencontre des petits bons hommes aux chapeaux rouges, la preuve que les indiens aussi fêtent Noël (ou simplement les indiens qui sont chrétiens, je ne leur ai pas demandé).

Christmas is in Calcutta

Il faut savoir que le fleuve Hooghly est un bras du Gange, donc il a aussi quelque chose de sacré qui fait que certaines personnes viennent y faire leurs ablutions tout au long de la journée, ou laver leur linge (comme à Varanasi dont je vous parlerai plus tard).

Hooghly : the sacred river

Bon, mais revenons en à nos moutons (le titre). A côté de la gare Howrah, il y a l Howrah Bridge, un des symboles de Calcutta qui fait 450 mètres de long et qui est assez impressionnant à voir. Il est interdit de prendre ce pont en photo depuis sa construction en 1943, car il était considéré comme un site stratégique et militaire. Aujourd’hui, il est encore interdit de prendre ce site en photo, et on va dire que j’ai joué au con…

Howrah Bridge

Du bateau, j’ai déjà pris quelques clichés, mais je voulais également prendre la circulation présente sur le pont. Ni une ni deux je sors mon appareil, je fais de bonnes photos de la circulation (les beaux taxis jaunes, les bus bleus, les vélos, les rickshaws…), et là je me rappelle qu’il est interdit de prendre le pont en photo. Je regarde un peu autour de moi, le panneau est bien là, jaune, accroché aux piliers de l’édifice. Je commence donc à ranger mon appareil pour éviter de me faire attraper, et je regarde la guérite où un gardien est en train de garder. Tout va bien. Mais quelques secondes plus tard, je me retourne et ce gardien… a disparu. Au moment de me retourner, je me retrouve face à face avec lui (et sa moustache, on aurait pu faire un clash) et il me demande de le suivre. Là je me dis oups, t’as fais une boulette, essaye de te faire passer pour le touriste bête et méchant, ça pourra peut être passé.

Le gardien m’amène devant son chef, dans la guérite au milieu du pont, qui commence à me parler un anglais approximatif : “you take picture of thé bridge? on photo.” Je lui explique que je ne savais pas, que je peux bien sûr les effacer devant lui s’il le souhaite, mais rien n’y fait, il commence à monter sur ses chevaux et m’annonce une amende de 5000 roupies si je ne veux pas me retrouver avec les menottes au poignet. 5000 roupies ça fait à peu prêt 70 euros, c’est quand même énorme… J’essaye de trouver des explications, sautant que ça commence un peu à sentir le roussi. Je sors ma carte d’étudiant de l’IIM, on ne sait jamais ça peut toujours impressionner. Mais rien n’y fait, il ne veut pas m’entendre.

Et c’est alors que le mot magique arrive… “Bakchich” sort de sa bouche, “2000 roupies”. Je sens dans son regard comme une joie intense et il doit être en train de se dire : “tiens, je vais me plumer un petit touriste aujourd’hui”. Bien sûr, étant donné que c’est mon dernier jour à Calcutta et en Inde, je n’ai pas cette somme sur moi, donc je la joue fine en lui sortant mes deux billets de 100 roupies qui traînent dans ma sacoche (j’avais 1500 dans mon portefeuille bien au chaud, quand même). Il ne bronche pas, refuse ces quelques billets et reste sur ses 2000 roupies. Je continue avec “je suis étudiant, je suis pas riche, etc…” et il commence à regarder son pote gardien qui m’a cueilli… il se rapproche de mon oreille et me dit “1000 roupies”. Je ne sais pas trop quoi faire, est-ce que je peux me permettre de marchander comme si j’étais chez un vendeur de soie ou de cachemire, le menaçant de quitter sa boutique si c’est trop cher. Non, je ne peux pas, donc je ne dis rien. Je lui tend mes 200 roupies pour lui expliquer que c’est tout ce que j’ai (3 euros, faut être con pour penser que j’ai que ça). Et par miracle, je le vois qui se décide à me tendre l’appareil et à me prendre mes 200 roupies.

Avant de partir, il me demandera bien sûr d’effacer mes photos devant lui, ce que j’ai fait à contre coeur mais avec un peu de peur au ventre quand même, j’étais presque sorti de ses griffes.

Bref, une belle frayeur pour ce dernier jour en Inde, j’ai mon avion demain matin avec mon escale à Dubaï, je vous souhaite à tous un joyeux noël et à très bientôt pour ceux que je revois sur Paris dimanche !

Comme quoi, on peut toujours corrompre un policier en Inde, mais ne le répétez pas au gouvernement.

The man and the cab

Kolkata - Victoria Memorial Hall

Le Victoria Memorial Hall est un monument assez imposant, situé au cœur de Calcutta, près du champ de course (je vais essayer d’assister à une course by the way). De style victorien classique, le Victoria Memorial Hall a été construit à la mémoire de la Reine Victoria par Lord Curzon. Il a été commencé 5 ans après sa mort (en 1906) et a été terminé 15 ans plus tard en 1921.

Sa construction fait tout de suite penser à la cathédrale Saint Paul de Londres. Recouvert de marbre, ce monument/musée représente bien l’époque Raj britannique, au temps où l’Inde était colonisée par les Anglais.

Jardin du Victoria Memorial Hall

Le jardin à l’anglaise est très agréable, et de nombreux couples indiens viennent flirter sur ses bancs, parfois allant même jusqu’à se cacher sous un parapluie. Parade pour éviter les surprises venant des arbres (déjection de corbeaux) ou simplement besoin d’intimité ? Qui sait.

Victoria's Throne

Face à la porte d’entrée du bâtiment, une statue en bronze de la reine Victoria tourne le dos à l’édifice, et vous invite à visiter ce monument mémorial. A l’intérieur du musée, on trouve de nombreuses peintures indiennes et occidentales, certains objets personnels de la reine et surtout de nombreuses explications en texte et en image afin de mieux comprendre l’histoire de Calcutta et son rôle central en Inde (malgré le déplacement du centre administratif de Calcutta à New Delhi, Calcutta reste la capitale culturelle du pays).

Kolkata - Victoria Memorial Hall

Un passe obligé pour comprendre un peu mieux Calcutta (et profiter du magnifique paysage).

La semaine dernière, nous avons fait une sortie organisée par l’école quelque peu… originale. En Inde, la spiritualité est présente un peu partout, alors quand on vient ici, les temples sont des lieux incontournables. A Calcutta, il n’y en a pas forcément beaucoup, mais certains sont pas mal du tout, et puis vous allez voir qu’il y a des “règles” à respecter en entrant dans un temple, alors c’était bien d’être accompagné pour la première fois (ma première fois).

Départ en bus à partir du campus à 13h le dimanche, nous arrivons au premier temple 1h30-2h plus tard. Nous voilà au temple de Dakshineshwar, un des plus grands temples de Calcutta. Ce temple est dédié à Kâlî, déesse du Temps, de la Mort et de la Délivrance. Il a été construit en 1847 par Rani Rasmoni. Ce lieu est également très connu des indiens hindouistes car Sri Ramakrishna, une personnalité spirituelle, y a vécu. D’ailleurs, sa chambre est désormais un musée.

Le temple de Dakshineshwar

Autour du temple, des singes vivent paisiblement, et un ghât donne accès à l’Hoogly, une des branches du Gange.

Sur le Ghât du temple

Avant d’entrer dans le temple, voici quelques “prérequis” afin de respecter les lieux (et les divinités) :

  • laisser ses chaussures à l’entrée, et entrer pied nu dans le temple. Pour certains ça peut paraître sale (à cause des flaques d’eau croupie dans la cour du temple), mais je pense que c’est tout à fait normal, et plutôt agréable de retrouver la sensation de marcher pied nu.
  • porter des vêtements couvrants : bien sûr, ce conseil est surtout pour les filles qui doivent mettre des manches et pas de jupe, mais à mon avis elles l’ont déjà compris en se promenant dans la rue ;)
  • respecter les lieux en gardant le silence et éviter de s’agiter : assez logique, mais bon quand on arrive en groupe dans un lieu comme cela, on a vite fait de déraper.
  • pas de photos à l’intérieur du temple –> tristesse, mais on fait avec hein, et voici une photo de l’intérieur du temple trouvée sur Internet :

dakshineshwar02

En pénétrant dans l’enceinte du temple, j’ai été assez étonné par la superficie du temple : une grande cour avec de nombreux petits temples qui s’organisent autour du plus gros temple dédié à Kâlî. On fait la queue pour admirer les idoles. Je suis passé dans un petit temple un peu isolé, et j’ai eu le droit à la Tika, une trace rouge sur le front qui peut symboliser plusieurs choses comme l’appartenance à un groupe religieux ou le statut marital. Dans mon cas, c’était surtout un signe de bénédiction et d’après ce que j’ai entendu, ce trait rouge permet de réveiller les énergies présentes dans notre corps et de les retenir. Avec cela, un petit bracelet qui ne me quitte plus. Certains m’ont dit qu’il fallait payer pour cela, mais je pense qu’on m’aurait demandé bien clairement de déposer quelque chose dans l’urne juste après, ce qui n’a pas été le cas.

A la fin de cette découverte un peu rapide, beaucoup d’entre nous sont “perdus“, et heureusement que nous avions des indiens avec nous pour nous expliquer ce qu’il faut faire (et ne pas faire). A retenir pour les prochains temples que je vais visiter la semaine prochaine.

Après cela, nous sommes allés à Belur Math et avons visité le temple de Ramakrishna. Les photos n’étaient pas autorisées non plus …

belurmath

Ce temple, inauguré en 1938, ressemble à la fois à un temple, à une mosquée et à une église. Le mélange de styles architecturaux est assez étonnant et reflète la volonté de parvenir à une “Hoogly”, en unifiant toutes les religions (voir Ramakrishna pour en savoir plus).

Après ces deux visites, me voilà prêt à découvrir tous les autres temples que l’Inde abrite !

Premier jour à Calcutta ! Je sais que vous mourrez d’envie de savoir ce que j’ai fait depuis que j’ai atterri hier soir à Calcutta. Alors voilà quelques grandes lignes pour votre curiosité.

Commençons par le début, c’est à dire l’atterrisage à Calcutta : en sortant de l’avion, il fait lourd (25°C mais le taux d’humidité doit être pesant), on le sent tout de suite mais avec de la chance je suis arrivé à un moment où il ne pleuvait pas (alors que c’est la mousson). A la sortie de l’avion, et avant de pouvoir récupérer ses bagages, on a le droit à un accueil assez original : deux tables avec des gens portant le masque derrière, des médecins et des employés de l’aéroport qui nous indiquent d’avancer pour vérifier rapidement si nous comportons des risques (oui vous savez, le truc qu’on appelle grippe A). Heureusement pour moi, la France n’était pas sur la blacklist (mais l’Espagne ou l’Allemagne si), donc je suis passé très facilement après un rapide contrôle de température. Mais à côté de moi, tout le monde commençait à s’agiter car les contrôles prenaient trop de temps, il était 19h30 et les voyageurs avaient sûrement envie de retrouver leurs familles.

Passé ce petit barrage, la douane prend le relais, on regarde mon passeport et mon visa et l’employé me laisse rapidement passer. Direction la salle des bagages pour récupérer le sac. Je me prépare ensuite à enfin pouvoir sortir et respirer l’air libre.

Erreur ! En sortant, je découvre la pollution et le climat humide qui règne à Calcutta en ce moment. Mon chauffeur est là, je peux monter dans la voiture : direction le campus. Passé les 5 premières minutes où toutes les odeurs me sautent littéralement à la figure, je commence à apprécier le petit courant d’air qui se fait lorsque la voiture roule. Mais j’ai également tout de suite sous mes yeux les quartiers de la banlieue de Calcutta : très pauvres, avec des déchets sur les trottoirs, mélangés à la boue à cause de la pluie constante. Une image marquante, mais je m’attendais à cela (en moins pire bien sûr, car on sous estime toujours la pauvreté).

Revenons à notre voiture : elle roule ! A gauche (vestige de l’Empire colonial) et à pleine vitesse, avec le klaxon comme seul moyen d’avertir la voiture devant vous que vous allez la doubler. La raison est simple : il y a très peu de voitures qui possèdent des rétroviseurs extérieurs (cause ou effet, je ne sais pas) donc pour éviter de surprendre, on klaxonne. Au début on se dit que notre conducteur est un vrai chauffard, mais on comprend très vite qu’il fait comme tout le monde. Et on n’y fait plus attention (sauf si le klaxon est trop fort!).

Pour circuler, c’est souvent la loi du plus gros qui s’applique : la voiture passe devant le rickshaw en force, qui est par contre prise de court par les bus et camions qui n’hésitent pas à forcer pour s’insérer dans le trafic. Et à côté de ça, les piétons se faufilent entre les voitures au moindre ralentissement, même si à certains points il y a des policiers pour gérer les passages piétons et les feux. On peut donc dire qu’à première vue c’est le bordel, mais c’est un bordel organisé !

Ensuite, je ne vais pas vous parler de la partie logistique (chambre et autres) sur le campus, mais on va dire qu’on est bien servi si on n’est pas trop exigeant (oubliez l’eau chaude pour la douche par exemple).

Pour la cuisine, je commence petit à petit à m’habituer aux plats épicés, et je pense que d’ici une semaine je ne verrais plus la différence. Pas de tourista en vue, je croise les doigts.

Voilà donc pour mon premier point sur la vie en Inde, il est encore un peu tôt pour en dire plus, mais j’ai hâte de commencer les cours et de partir pour mon premier weekend backpacking (Darjeeling je pense). Demain samedi, j’irais à Calcutta avec mon parfait guide de petit touriste pour visiter les monuments et aller aux bons endroits.

D’ici là, portez vous bien !

Bonjour et bienvenue sur ce petit bout de blog. Je dis petit bout car comme vous le savez, je tiens déjà un blog personnel : Damiblog.fr.

Cependant, parce que tout le monde n’a pas forcément envie de savoir ce que je fais en Inde, et puis aussi parce que je n’ai pas envie de mélanger les deux, voici un deuxième blog qui parlera exclusivement du sujet suivant : mon semestre à l’étranger, et plus particulièrement dans l’Indian Institute of Management à Calcutta (ou Kolkata), dans le Bengale Occidental.

kolkata

Je vais passer un semestre dans cette université et ce sera l’occasion pour moi de vous faire partager mon expérience d’étudiant international en Inde, de globe-trotter car je vais sillonner l’Inde de long en large, de photographe car bien sûr j’emmènerai mon D80 pour ne rien rater des paysages et de la culture indienne.

J’espère que grâce à ce blog vous pourrez donc me suivre, laisser vos commentaires et vivre d’une manière ou d’une autre ce voyage qui, je le sais déjà, restera à tout jamais gravé dans ma mémoire.

En attendant d’être sur place, je parlerai ici des différentes démarches à effectuer pour préparer son voyage quand on est étudiant en échange universitaire à l’étranger.

Bonne lecture.

PS : j’ai utilisé le orange pour la couleur de ce thème, en comparaison avec le vert pour mon blog habituel, histoire de les différencier ;)