Archive du mois de décembre 2009

Bikes of burden

En Inde, j’ai remarqué quelque chose : on cherche toujours à doubler l’autre. Je me suis fait cette remarque le premier jour en arrivant en taxi au campus, quand le chauffeur ne faisait que doubler et doubler. Et avec les autres taxis ou bus que j’ai pris durant mes 4 mois, c’était la même chose. Pas possible de rester en ligne, s’il y a une voiture devant soi il faut klaxonner pour lui montrer qu’on a envie de la doubler et lui demander de se rabattre.

Après ça, vous vous doutez sûrement qu’il se passe aussi quelque chose dans les files d’attente. Et bien vous avez raison ! C’est le même combat quand les gens font la queue pour quelque chose (billet de train dans la gare, popcorn au cinéma, entrée au musée, …). Chacun cherche à profiter de l’espace existant pour se frayer un chemin et passer devant.

Je me suis demandé si ce n’était pas seulement lié au fait que j’étais un “touriste” au milieu des indiens, mais en observant de loin, je me suis rendu compte que c’était le cas aussi entre locaux, alors l’histoire du touriste qui se fait doubler parce qu’il est lent et ne comprend rien, ça ne tient pas (même si dans certains cas c’est la raison principale pour se faire doubler, je confirme).

Bref, tout ça pour dire que chez les indiens, on sent vraiment un fort esprit de compétition, présent partout étant donné qu’ils l’exercent à chaque fois pour sortir du lot. Une des forces de la nation ?

J'ai un bonnet rouge

Aujourd’hui, c’est Noël, meme en Inde. Pour mon dernier jour à Calcutta, je décide donc de me promener dans les rues de la ville, et l’envie me prend de prendre un bateau à l’embarcadère pour traverser le fleuve Hooghly et me rendre à la gare Howrah, la plus grande gare d’Asie (rien que ça).

Goats in Maidan

Sur la route, je rencontre des petits bons hommes aux chapeaux rouges, la preuve que les indiens aussi fêtent Noël (ou simplement les indiens qui sont chrétiens, je ne leur ai pas demandé).

Christmas is in Calcutta

Il faut savoir que le fleuve Hooghly est un bras du Gange, donc il a aussi quelque chose de sacré qui fait que certaines personnes viennent y faire leurs ablutions tout au long de la journée, ou laver leur linge (comme à Varanasi dont je vous parlerai plus tard).

Hooghly : the sacred river

Bon, mais revenons en à nos moutons (le titre). A côté de la gare Howrah, il y a l Howrah Bridge, un des symboles de Calcutta qui fait 450 mètres de long et qui est assez impressionnant à voir. Il est interdit de prendre ce pont en photo depuis sa construction en 1943, car il était considéré comme un site stratégique et militaire. Aujourd’hui, il est encore interdit de prendre ce site en photo, et on va dire que j’ai joué au con…

Howrah Bridge

Du bateau, j’ai déjà pris quelques clichés, mais je voulais également prendre la circulation présente sur le pont. Ni une ni deux je sors mon appareil, je fais de bonnes photos de la circulation (les beaux taxis jaunes, les bus bleus, les vélos, les rickshaws…), et là je me rappelle qu’il est interdit de prendre le pont en photo. Je regarde un peu autour de moi, le panneau est bien là, jaune, accroché aux piliers de l’édifice. Je commence donc à ranger mon appareil pour éviter de me faire attraper, et je regarde la guérite où un gardien est en train de garder. Tout va bien. Mais quelques secondes plus tard, je me retourne et ce gardien… a disparu. Au moment de me retourner, je me retrouve face à face avec lui (et sa moustache, on aurait pu faire un clash) et il me demande de le suivre. Là je me dis oups, t’as fais une boulette, essaye de te faire passer pour le touriste bête et méchant, ça pourra peut être passé.

Le gardien m’amène devant son chef, dans la guérite au milieu du pont, qui commence à me parler un anglais approximatif : “you take picture of thé bridge? on photo.” Je lui explique que je ne savais pas, que je peux bien sûr les effacer devant lui s’il le souhaite, mais rien n’y fait, il commence à monter sur ses chevaux et m’annonce une amende de 5000 roupies si je ne veux pas me retrouver avec les menottes au poignet. 5000 roupies ça fait à peu prêt 70 euros, c’est quand même énorme… J’essaye de trouver des explications, sautant que ça commence un peu à sentir le roussi. Je sors ma carte d’étudiant de l’IIM, on ne sait jamais ça peut toujours impressionner. Mais rien n’y fait, il ne veut pas m’entendre.

Et c’est alors que le mot magique arrive… “Bakchich” sort de sa bouche, “2000 roupies”. Je sens dans son regard comme une joie intense et il doit être en train de se dire : “tiens, je vais me plumer un petit touriste aujourd’hui”. Bien sûr, étant donné que c’est mon dernier jour à Calcutta et en Inde, je n’ai pas cette somme sur moi, donc je la joue fine en lui sortant mes deux billets de 100 roupies qui traînent dans ma sacoche (j’avais 1500 dans mon portefeuille bien au chaud, quand même). Il ne bronche pas, refuse ces quelques billets et reste sur ses 2000 roupies. Je continue avec “je suis étudiant, je suis pas riche, etc…” et il commence à regarder son pote gardien qui m’a cueilli… il se rapproche de mon oreille et me dit “1000 roupies”. Je ne sais pas trop quoi faire, est-ce que je peux me permettre de marchander comme si j’étais chez un vendeur de soie ou de cachemire, le menaçant de quitter sa boutique si c’est trop cher. Non, je ne peux pas, donc je ne dis rien. Je lui tend mes 200 roupies pour lui expliquer que c’est tout ce que j’ai (3 euros, faut être con pour penser que j’ai que ça). Et par miracle, je le vois qui se décide à me tendre l’appareil et à me prendre mes 200 roupies.

Avant de partir, il me demandera bien sûr d’effacer mes photos devant lui, ce que j’ai fait à contre coeur mais avec un peu de peur au ventre quand même, j’étais presque sorti de ses griffes.

Bref, une belle frayeur pour ce dernier jour en Inde, j’ai mon avion demain matin avec mon escale à Dubaï, je vous souhaite à tous un joyeux noël et à très bientôt pour ceux que je revois sur Paris dimanche !

Comme quoi, on peut toujours corrompre un policier en Inde, mais ne le répétez pas au gouvernement.

The man and the cab

Ladies Train

En Inde, si vous souhaitez voyager souvent sans vous ruiner, le train est la meilleure solution. Le réseau ferroviaire indien est immense et dessert de nombreuses villes, pour peu que l’on soit patient. Chaque jour, plus de 13 millions de personnes empruntent le train en Inde, c’est pour dire.

Si l’on souhaite voyager en train, il faut prendre son mal en patience, car les trajets de 10 heures ou plus sont légions.

Howrah Train Station

Mais la SNCF indienne a été futée : pour nous permettre de ne pas voir passer le temps, les trains longues distances roulent quasiment tous de nuit, en mode couchette. Bien sûr, si votre trajet est plus long qu’une nuit, vous n’échapperez pas au train de jour, toujours sur votre couchette, ce qui est bien sûr beaucoup moins agréable…

Pour réserver son train, rendez-vous sur le site www.irctc.co.in. Le site est quelque peu austère, mais on y arrive, et ça plante moins que la SNCF. Vérifiez bien la disponibilité de votre couchette, car très souvent vous pouvez acheter votre billet sur liste d’attente (Waiting List, WL) et pas sûr que la place se libère à temps… Heureusement, vous pouvez annuler votre billet pour 30 roupies, alors n’hésitez pas à choisir des alternatives. Et bien sûr, si vous êtes sur liste d’attente le jour J et que vous n’avez pas de place, votre billet sera automatiquement remboursé.

Voici quelques explications sur le fonctionnement du train couchette en Inde. Tout d’abord, il y a plusieurs classes, dans l’ordre du moins cher au plus cher :

  • la General Class : à éviter, banquettes en bois très peu confortable pour les trajets. La preuve, je n’ai pas essayé ;)
  • le Sleeper : ces wagons contiennent des couchettes en skaï, par compartiment de 6 couchettes, sans séparation avec le couloir. C’est la classe la plus présente dans les train et celle que je vous conseille d’utiliser pour voyager car pas trop cher et pas forcément trop mal (pour le peu que l’on soit aventurier). Dans cette classe, pas de clim, donc il peut faire très froid (en hiver) ou très chaud (en été). Et comme c’est pas cher, pas de draps compris, donc pensez à prendre votre sac à viande ou une couverture pour ne pas mourir de froid. Pour convaincre les plus frileux de ne pas prendre cette classe, j’ai pu croiser quelques cafards par-ci par-là dans le train, mais attendez mes conseils dans la suite de cet article pour éviter ce “problème”.
  • 3AC : même wagon que le Sleeper, sauf que cette fois-ci c’est climatisé, et on a le droit à des draps, une couverture et un oreiller. C’est je pense la classe la plus intéressante pour les touristes car plus confortable que le Sleeper (et surtout avec des draps, si vous n’êtes pas équipé). Je l’ai pris quelques fois quand j’avais envie de me faire un petit plaisir par rapport au Sleeper.
  • 2AC : ou 2ème classe. Idem que pour 3AC, mais par compartiment de 4 couchettes, avec un rideau qui les isole du couloir. J’ai essayé une fois parce que je n’avais plus de place dans les autres classes, on sent tout de suite que la population n’est pas la même.
  • 1AC : ou 1ère classe. Voici la crème de la crème du wagon couchette en Inde. Toujours climatisé, vous êtes désormais dans un compartiment fermé, avec des couchettes par 4 ou par 2. Le confort est au rendez-vous et vous allez dormir comme un bébé dans ce wagon. Vous avez même un room service prêt à vous acheter une boisson dans la gare suivante si vous avez envie de quelque chose. Bien sûr, ces couchettes sont très chères, le confort ça se paie. J’ai fait un trajet en 1AC, et je confirme que c’est là qu’on dort le mieux, mais pour le prix, cela reste un petit pêché mignon.

Voilà pour les classes dans le train. Selon les destinations, il y a plus ou moins de wagons de 1AC, 2AC et 3AC, mais toujours beaucoup de sleepers.

Après avoir pris le train assez souvent pendant ces 4 mois, voici quelques conseils pour profiter de votre trajet :

  • préparez-vous aux bruits ambiants… Dans les trains couchettes, vous entendrez votre voisin ronfler, cracher, respirer, téléphoner, vivre quoi (et la vie indienne est bruyante je vous assure). Des “ear plug” sont donc nécessaires pour combattre ce bruit ambiant (couplé au roulis du train, très bruyant également).
  • bookez votre siège intelligemment. Lors de votre réservation, vous pouvez choisir le siège que vous aurez dans le train. Choisissez en priorité les couchettes du haut où vous serez perché, à l’abri du passage des vendeurs ambulants ou de toute autre personne qui pourrait vous réveiller. C’est également la seule couchette où vous pourrez rester allongé durant tout votre trajet, la couchette du milieu se repliant pour former une banquette avec la couchette du bas lorsque des gens ne veulent pas dormir. Je vous déconseille les couchettes du couloir (une en haut et une en bas) car votre tête sera quasiment en plein milieu du couloir, pas très calme… La couchette du haut permet également d’éviter les cafards, qui préfèrent ramper tranquillement au sol des wagons.
  • emmenez de la lecture. L’Inde est le pays de la patience. J’y ai découvert l’ennui et l’attente, alors prenez un livre (ou deux) lors de vos voyages, ça peut toujours servir.
  • de l’eau et à manger. Dans le train, vous trouverez toute sorte de vendeur, du marchand de chaï au marchand de cacahuètes, en passant par l’eau, les samosas, et j’en passe. Pas la peine de se charger donc, mais prenez quand même le minimum. A partir de 3AC, l’équipe de restauration du train peut prendre vos commandes. De la nourriture indienne, pas trop chère et qui peut sauver votre estomac.
  • rangez bien vos affaires. Dans les trains, vous mettrez votre gros bagage sous la couchette inférieure, qu’il est d’ailleurs conseillé d’attacher à cette couchette avec un cadenas (même certaines familles indiennes le font !). Il y a un anneau sous la couchette pour ça. Gardez vos affaires importante près de vous sur votre couchette, on ne sait jamais. Je gardais toujours mes papiers et mon appareil photo sur moi, autour du cou et bien calé entre mon corps et la paroi de la couchette, on n’est jamais trop prudent, surtout pour certains trajets dans le Bihar (j’ai entendu dire que certains s’amusaient à jouer les “indiens” en dévalisant certains trains qui passaient dans cette région très pauvre de l’Inde).

Into the train - Smell like cheese ?

Pour information, les indiens ronflent !

L'attente

Voilà maintenant 3 mois que je suis en Inde, j’ai parcouru beaucoup de lieux différents, fait de nombreuses rencontres, vécus des expériences inoubliables (et d’autres que j’ai déjà oubliées) mais je n’ai pas réussi à vous faire partager cela ici faute de temps…

J’ai en tête tellement de petits articles à publier ici mais le temps me manque. Au lieu de ça, je préfère publier mes récits de voyage, mais à vrai dire à part pour vous indiquer ou je suis allé (et vous montrer quelques unes de mes photos), c’est un peu creux je trouve.

Les anecdotes croustillantes sur l’Inde sont présentes dans ma tête, mais je n’arrive pas à les faire sortir et les coucher sur ce papier HTML. Comme quoi, parfois il y a des choses qui ne se racontent pas facilement, mais qui se vivent tout simplement.

Sur ce, je vais essayer de publier un article sur Hyderabad avant que je parte en vadrouille dans l’Inde de l’Ouest pendant 3 semaines, et je continuerai sûrement ce blog en rentrant en France pour essayer de le compléter, au moins avec mes autres récits de voyage.

A bientôt.

3 ou 4 femmes ?

Lors de mon petit voyage dans le sud de l’Inde, le planning était important : alterner entre grosses villes (comme Chennai et Bangalore puis Hyderabad) et petites villes (Pondichéry, Mamallapuram et maintenant Hampi) était primordial pour pouvoir se reposer et découvrir deux Indes différentes.

Nous voici donc arrivé à Hampi, ancienne capitale du royaume de Vijayanâgara. L’arrivée s’est faite en train à la gare d’Hospet, et il nous a fallu prendre un bus pour arriver à Hampi, qui est un petit village. Sur place, il y a cependant beaucoup de guesthouses car cette ville est très touristique chez les indiens. Après 2-3 guesthouses, nous trouvons la bonne et nous installons. Par contre, mauvaise nouvelle… il pleut, et pas qu’un peu.

Hampi landscape

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