Archive du mois de juin 2009

mail

L’Inde, avec son nombre d’habitants dépassant le milliard, n’est pas une destination prévue pour retrouver des français. Pourtant, lorsque j’ai reçu un e-mail du Student Exchange Representative (délégué des étudiants en échange si on traduit), j’ai fait mon curieux et regardé la liste des destinataires (oui le mail n’était pas en bcc:, peut être pour que l’on commence déjà à faire du copinage entre “étudiants en échange”…).

Voici le résultat des courses, digne d’un bon loto : 4 Bordeaux Ecole de Management, 4 ESCP-EAP, 3 Edhec (dont un pauvre malheureux qui ne recevra jamais son mail car son adresse se termine en “.co” au lieu de “.com” ^^), 4 EM Lyon, 4 ESSEC, 3 ESC Lille (hop me voilà), 4 Toulouse Business School, 3 Reims Management School, quelques belges, quelques américains, danois et italiens … pour un total de 55 étudiants.

Après un rapide calcul, on trouve donc 29 français sur 55 étudiants, soit plus de la moitié (et je suis sûr que j’en ai raté). Pour ceux qui avaient peur de se retrouver tout seul dans un pays étranger, ça doit les rassurer. Mais pour ceux qui avaient justement envie de partir à l’aventure, rencontrer de nouvelles personnes (même si la facilité c’est souvent de rester entre pairs), c’est l’aventure qui commence.

france

Voici plusieurs points que je me devrais de respecter pour éviter de ne rester qu’avec des français :

  • dès le début, garder ses distances. Pourquoi ne pas se faire passer pour un anglais ou américain, histoire de tout de suite montrer qu’on n’est pas là pour parler français et de ce qu’il se passe en France (si on parle d’HADOPI, de Rachida Dati, de Sarkozy en Inde c’est foutu).
  • commencer très vite à sympathiser avec ceux qui vous semblent le plus éloigné de vous culturellement.
  • lors des sorties week-end, ne pas partir qu’avec des français. Si vous êtes frileux, vous pouvez toujours vous faire accompagner d’un français, mais préférez la mixité. Je ne dis pas qu’il ne faut pas se faire un week-end entre français de temps en temps, mais il ne faut pas prendre l’habitude de ne partir qu’avec eux.

Après, il y aurai sûrement plein de conseils à donner, mais je pense que les grandes lignes sont établies. Si je pars en Inde, ce n’est pas pour croiser des français. Sinon je serais resté à Paris ou Lille.

PS : allez comme j’aime la France, je vais quand même forwardé le mail à la personne dont l’adresse se termine en “.co”, mais attention ça s’arrête là ! ^

vache

No way ! La vache est sacrée en Inde, et ça remonte bien loin. Les puranas, textes très anciens écrits entre 400 et 1000 de notre ère, disent que Khamdenu, qui est la vache mythique, exauce tous les voeux. Dès lors, la vache a été élevée au rang sacré, des sacrifices lui sont consacrés (mais pas de boeuf tué, plutôt des prières et des offrandes à base de beurre fondu).

La vache, synonyme d’harmonie et de paix

Il faut savoir qu’en Inde, la vache a une image d’harmonie et de paix, et il est donc déconseillé de faire du mal à une vache (ce serait comme tuer un Brahmane. D’ailleurs, dans certaines régions, les veaux ont même le droit à une bénédiction religieuse. Même si le boeuf n’est pas une vache à proprement parler, certaines personnes qui suivent les textes anciens à la lettre interdisent l’abattage de tout bovin.

Il n’est donc pas rare de voir une vache créer des bouchons monstres sur une route, ou tout simplement bloquer le passage. C’est pour cette raison que dans certaines villes la vache est considérée comme indésirable, et est chassée par les fonctionnaires (et les chasseurs de prime, depuis que des récompenses sont données dans certaines villes pour les chasser de la ville).

Les vaches sont plus utiles qu’on ne le pense

Maintenant, d’un point de vue totalement utilitariste, il faut savoir que la vache rend beaucoup de services à l’Homme.

En premier lieu, la vache fournit la main d’œuvre nécessaire à l’agriculture. La bouse de vache est également très utile : elle peut servir de combustible ou d’engrais. Ensuite, la vache mange certains déchets alimentaires, ce qui débarrasse les trottoirs des villes lors des marchés, évitant la fermentation des déchets végétaux. Certaines poubelles sont même pivotantes, permettant aux vaches de fourrer leur tête dedans pour faire le ménage.

Enfin bien sûr, leur lait et le beurre que l’on fait avec est utilisé. Même après leur mort, leur peau est réutilisée pour faire du cuir, et certains mangent la viande de la vache une fois morte (quelle ironie non ?).

Bref, je pense que je vais croiser plus de vaches qu’en Normandie une fois sur place, mais certaines d’entre elles seront très maigres comparées aux vaches françaises, du fait d’un régime alimentaire très limité

nandan-nilekani-ted

Je ne sais pas si vous connaissez TED (Technology, Entertainment, Design), un événement sur invitation où se retrouvent les plus grands penseurs du monde pour présenter leurs idées. Comme cet événement est bien sûr filmé, vous pouvez retrouver toutes les vidéos sur le site TED.

Si je vous parle de ce site aujourd’hui, c’est qu’hier je suis tombé sur une présentation de Nandan Nilekani, CEO d’Infosys, une des plus grandes sociétés indiennes de conseil en IT. En plus d’être CEO de sa société, Nandan Nilekani a également écrit un livre Imagining India: The Idea of a Renewed Nation, dans lequel il pose quelques questions fondamentales sur le développement de l’Inde.

Comment l’Inde, qui a vécu tant de troubles durant les dernières décennies, a réussi à tirer avantage de sa démographie ? Comment la démocratie et l’éduction sont mis en valeur dans ce pays ? Et surtout, comment l’Inde va-t-elle protéger l’environnement pour les nouvelles générations en dépit d’une croissance forte depuis quelques années ?

Nandan Nilekani est donc quelqu’un qui réfléchit sur l’Inde, et qui est un “grand pédagogue” selon Thomas Friedman.

Dans cette présentation de TED, il parle d’idées (ideas) qui vont déterminer si oui ou non l’Inde continuera dans sa croissance folle.

Parmi ces idées, il y a quatres branches :

  • les idées qui ont déjà été adoptées
  • les idées en cours d’adoption
  • les idées en conflit
  • les idées qu’il faut anticiper. Ce point est très important pour éviter de refaire les mêmes erreurs que les pays développés.

Je ne vous en dit pas plus, mais cette vidéo est très claire et didactique, et elle a le mérite de me confronter avec l’anglais à la sauce indienne (même si on comprend très bien Nandan Nilekani dans la vidéo).

welcome

Crédit photo : Christian Lagat

Good news, les choses se précisent un petit peu plus chaque jour. Après plusieurs semaines de silence absolu dans ma boîte mail, ce matin j’ai reçu un email de la responsable du service international avec le texte suivant :

Monsieur,

Je vous informe que j’ai reçu ce jour votre lettre d’admission pour Calcutta. Nous vous la ferons parvenir à l’adresse que vous voudrez bien nous indiquer.

Dans cette lettre, il est stipulé que vous alliez recevoir des informations directement de la part de votre institution d’accueil.

Vous n’oublierez pas de prendre cette lettre avec vous pour partir en Inde ; elle vous servira pour procéder à votre inscription une fois sur place.

Cordialement,

Yes ! Un pas de plus vers l’Inde, et il va falloir que je mette bien au chaud la lettre que je vais recevoir car ce sera mon précieux sésame pour l’inscription dans l’université d’accueil.

Les choses avancent au fur et à mesure, et je pense que je ne vais pas tarder à prendre rendez-vous avec un médecin pour qu’il m’inocule (oh le vilain mot) tous les vaccins nécessaires (et je crois qu’il y en a un paquet, je ferais un article là-dessus très bientôt).

Eric Lafforgue est un photographe que j’apprécie énormément. J’ai découvert ses travaux depuis plus d’un an et, quelle coïncidence, il a passé quelques semaines entre février et mars 2008 en Inde (Madurai, Cochin, Bengalore, Kerala, Trichy, Chettinad… et le Sud de l’Inde) pour nous ramener ces belles photos.

Je vous invite à aller voir le reste de ses photos sur sa galerie Flickr, et à découvrir l’article que j’ai écrit sur le site Phototrend.